
Lorsqu’une douleur apparaît soudainement ou devient très intense, notre réflexe est souvent de croire que quelque chose s’est « brisé » dans notre corps. Pourtant, l’intensité de la douleur ne reflète pas toujours l’importance des dommages. Alors, qu’est-ce qui explique cette douleur à ce moment-là ?
Notre cerveau est une véritable machine à anticiper et à protéger. Lorsqu’il reçoit une grande quantité d’influx douloureux, il tente rapidement de répondre à une question essentielle : « Suis-je en danger ? »
Le problème, c’est qu’il n’arrive pas toujours à bien distinguer une menace réelle d’une menace perçue. Pour le cerveau, une douleur très intense peut être interprétée comme un signal de danger important. En réponse à cela, il active différents mécanismes de protection, un peu comme une alarme qui devient hypersensible.
Comment le cerveau essaie de vous protéger ?
Lorsqu’il perçoit une menace, le cerveau peut :
- augmenter les contractions musculaires involontaires;
- rendre le moindre petit mouvement douloureux ;
- augmenter la perception de la douleur;
- altérer la respiration;
- créer de l’appréhension face au mouvement;
- pousser le corps à éviter certaines positions ou activités.
Le corps entre en mode alerte.
Le problème : quand la protection devient excessive
À court terme, la douleur a une fonction importante : celle de nous informer qu’il pourrait y avoir un danger ou qu’u tissu de notre corps a besoin d’être protégé. Par exemple, si vous vous cassez une cheville et que vous continuez à courir dessus , vous risquez probablement d’aggraver considérablement la blessure.
Le problème, lorsque le cerveau devient hypervigilant, c’est qu’il peut continuer à produire une réponse douloureuse excessive, même lorsqu’il n’y a plus de menace importante. Il anticipe alors le moindre mouvement et tente de protéger une région du corps qui n’a pas nécessairement besoin de l’être
Résultats : les muscles se contractent, la respiration est altérée et la perception de la douleur est augmentée au moindre petit geste.
Alors… faut-il arrêter de bouger ?
NON, surtout pas!!!
Dans plusieurs situations, on cherche plutôt à aider le système nerveux à redevenir graduellement moins réactif, avec ce que j’appelle la “théorie des petits pas”. C’est-à-dire recommencer à bouger la région sensible dans de très petites amplitudes, graduellement et sans brusquer le corps. Pourquoi ?
Parce que chaque mouvement bien toléré envoie un message rassurant au cerveau. En quelque sorte, on lui montre progressivement :
« Regarde… ça se passe bien quand je bouge. »
Et plus le cerveau recommence à percevoir le mouvement comme sécuritaire, moins il ressent le besoin d’activer des réactions de protection importantes.
L’objectif est donc d’aider progressivement le cerveau et le corps à comprendre que le mouvement n’est pas dangereux.
En conclusion
Lorsqu’une douleur devient très intense, le cerveau peut parfois entrer en mode protection maximale. Et plus le cerveau anticipe une menace, plus le corps peut devenir tendu, sensible et réactif au mouvement. La bonne nouvelle, c’est qu’un système nerveux peut aussi réapprendre progressivement à se sentir en sécurité.
Si vous avez l’impression que votre corps est constamment tendu, sensible ou en état d’alerte lorsque vous bougez, il pourrait être pertinent d’aller chercher de l’accompagnement pour vous aider à retrouver confiance dans le mouvement. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou si vous aimeriez être accompagné.
Mathilde