
Pendant longtemps, plusieurs douleurs musculosquelettiques ont été expliquées par la présence d’une « mauvaise posture ».On cherchait alors à corriger à tout prix certaines adaptations posturales, dans l’espoir de diminuer la douleur.
Vous vous êtes peut-être déjà fait dire :
« Vous avez le bassin croche. »
« Vous avez une jambe plus longue que l’autre. »
« Vous devriez vous tenir plus droit. »
Pendant des années, plusieurs approches thérapeutiques ont accordé beaucoup d’importance aux asymétries du corps.Pourtant, aujourd’hui, la littérature scientifique nous amène à voir les choses avec beaucoup plus de nuance.
Le corps humain est naturellement asymétrique
Aucun corps humain n’est parfaitement symétrique. Nous sommes tous, à différents degrés, latéralisés.
Nous avons tous :
- certaines asymétries ;
- des différences de mobilité ;
- des variations posturales ;
- ou simplement des façons différentes de bouger.
Et dans la majorité des cas, le corps s’adapte très bien à ces différences.Aujourd’hui, les études ne montrent pas de lien clair entre posture et douleur. Autrement dit, lorsqu’on compare des personnes ayant une posture considérée comme “idéale” à d’autres ayant une posture plus asymétrique ou jugée ‘’ moins adéquate’’, la prévalence de la douleur est souvent très similaire. Ce qui revient à dire que de corriger une posture ne veut pas nécessairement dire agir sur une douleur.
La douleur est beaucoup plus complexe qu’une simple posture
Aujourd’hui, on comprend que plusieurs facteurs peuvent influencer la douleur :
- le niveau d’activité physique;
- le sommeil;
- le stress;
- la récupération;
- les capacités physiques;
- les habitudes de vie;
- ou encore certaines appréhensions face au mouvement.
C’est pour cette raison que les recommandations en 2026, lorsque la douleur survient, mettent davantage l’accent sur ( Korownyk et al.2022) :
- le maintien des activités dans la mesure du possible;
- l’activité physique;
- les exercices adaptés;
- l’éducation thérapeutique;
- l’autogestion des symptômes;
- et une reprise graduelle du mouvement.
Changer de positions et prendre des pauses actives
Lorsqu’une région devient douloureuse, le réflexe est souvent de vouloir trouver LA posture parfaite.Pourtant, dans plusieurs situations, il est souvent plus utile de (Waongenngarm et al. 2018) :
- varier ses positions;
- bouger régulièrement;
- améliorer progressivement ses capacités physiques;
Le corps aime généralement davantage le mouvement… que l’immobilité prolongée.
En conclusion
La douleur ne s’explique pas uniquement par une “mauvaise posture”.Le corps humain est naturellement asymétrique et s’adapte généralement très bien à plusieurs variations posturales. Une posture peut parfois être plus confortable ou plus efficace dans certains contextes, mais il n’existe pas de posture parfaite capable à elle seule d’expliquer ou de corriger la douleur.
Bibliographie
Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. 2019. Disponible au : https://www.has-sante.fr/jcms/c_2961499/fr/prise-en-charge-du-patient-presentant-une-lombalgie-commune
Mannello DM. Leg length inequality. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics. 1992;15(9):576-590. PMID: 1469342.
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Waongenngarm P, Areerak K, Janwantanakul P. The effects of breaks on low back pain, discomfort, and work productivity in office workers: A systematic review of randomized and non-randomized controlled trials. Applied Ergonomics. 2018;68:230-239. https://doi.org/10.1016/j.apergo.2017.12.003
Korownyk, C., Perry, D., Ton, J., et al. (2022). PEER simplified chronic pain guideline: management of chronic low back, osteoarthritic, and neuropathic pain in primary care. Canadian Family Physician, 68(3), 179-190. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9833183/